DPE 2027 : ce qui va changer avec la nouvelle réglementation européenne
Le diagnostic de performance énergétique va encore évoluer pour se plier aux nouvelles exigences européennes sur la performance énergétique des bâtiments. Classe A0, énergies renouvelables, équipements de chauffage, nouvelles informations... plusieurs changements entreront en vigueur dès le 1er janvier 2027. Derrière ces modifications parfois très techniques, scellées dans l’arrêté du 11 juin 2026 (publié au Journal officiel ce 13 août), se cache une évolution plus large : le DPE doit progressivement donner une vision plus complète de la performance énergétique du logement et de ses équipements.
Une nouvelle mention fait son apparition : la classe "A0"
C'est probablement la nouveauté la plus visible ! À partir du 1er janvier 2027, le DPE pourra faire apparaître une mention "A0" pour les bâtiments ou parties de bâtiments considérés comme étant à émissions nulles. Attention, il ne s'agit pas simplement d'une nouvelle classe se plaçant mécaniquement au-dessus du A actuel. Pour les DPE réalisés avec la méthode 2021, plusieurs conditions devront être réunies :
- Le logement devra être classé A ou B
- Les énergies utilisées devront provenir exclusivement d'énergies renouvelables produites sur site ou à proximité (électricité ou réseau de chaleur ou de froid considéré comme efficace)
- Aucune installation de chauffage ou de production d'eau chaude sanitaire ne devra utiliser des énergies fossiles
Autrement dit, être très performant énergétiquement ne suffira pas à obtenir cette mention A0.
Les énergies renouvelables prennent davantage de place dans le DPE
Autre évolution importante : le futur DPE donnera davantage de visibilité à la production d'énergie renouvelable du logement ou du bâtiment. Le diagnostic devra intégrer la quantité totale d'énergie renouvelable produite sur site, exprimée en kWh, ainsi que sa répartition selon les différentes sources d'énergie. Il indiquera aussi la part représentée par cette production par rapport à la consommation d'énergie finale. Le texte prévoit donc de prendre en compte différents équipements installés in situ, type :
- Panneaux solaires photovoltaïques ou thermiques
- Pompes à chaleur
- Géothermie ;
- Chauffe-eau thermodynamiques
- Chauffage au bois
- Réseaux de chaleur ou de froid efficaces
- Eoliennes
Ces équipements seront identifiés à l'aide de pictogrammes et de libellés dédiés.
Chauffage et climatisation : une nouvelle information sur leur durée de vie
Donnée particulièrement concrète pour les propriétaires et futurs acquéreurs : l'évaluation de la durée de vie restante du système de chauffage et du système de climatisation si existant. Cette évolution est loin d'être anodine : un logement peut tout à fait afficher une performance énergétique satisfaisante alors qu'un équipement arrive en fin de vie. Cette information doit donc permettre de mieux apprécier les équipements énergétiques présents dans le bien. Pour un acquéreur, ce sera un élément de plus pour anticiper de futurs travaux.
Le DPE va s'intéresser à la capacité du logement à s'adapter au réseau électrique
Le DPE indiquera notamment si les équipements peuvent adapter leur consommation en fonction des besoins du réseau électrique. Le diagnostic précisera également si le système de chauffage peut fonctionner efficacement à basse température, une caractéristique importante pour certains équipements performants. L’objectif : donner une vision plus complète du fonctionnement énergétique du logement, au-delà de sa seule consommation.
Ventilation et défaut d'étanchéité seront mieux distingués
L'arrêté fait également évoluer la présentation des déperditions liées au renouvellement de l'air. La méthode distinguera plus clairement les déperditions liées à la ventilation de celles liées à l'aération et aux défauts d'étanchéité à l'air. Une distinction technique, certes, mais qui participe à une lecture plus précise des causes de déperditions énergétiques du logement.
À quelle date ces changements du DPE entreront en vigueur ?
Pas immédiatement. L'ensemble des dispositions prévues par cet arrêté entrera en vigueur le 1er janvier 2027. Diagnostiqueurs immobiliers, organismes de certification et de formation, éditeurs de logiciels DPE, mais aussi propriétaires, notaires et agents immobiliers sont directement concernés par cette évolution réglementaire.
Le DPE devient un peu plus encore un outil de lecture énergétique du logement
Cette nouvelle évolution confirme une tendance engagée depuis plusieurs années. Le DPE ne se limite plus à attribuer une lettre de A à G à un logement. Production d'énergie renouvelable, nature des équipements, durée de vie du chauffage, capacité d'adaptation de la consommation, origine de l'énergie... Ce diagnostic rassemble progressivement davantage d'informations permettant de comprendre le fonctionnement énergétique réel d'un bien immobilier.

